Je ne remplis pas mes pantalons de plume d'oie
Même avec des bretelles en ciseaux
Invariablement, je reste en platitude
On ne voit que mes yeux
Et mes pantalons raides sont des pantalons tube
Et des fils de coton
Je ne remplis jamais les cases noires
De mes mots inutiles
Et je les additionne sans signe de moisson
À tous mes pantalons
Et mes yeux se décorent de coton
Je ne sais que dépeindre les pendules miroir
Et les peintures d'ombre
Des pastels empâtés de poudre d'escampette
Des yeux que je rencontre au fil de mes coutures
Je ne remplis jamais mes phrases laconiques
De mes amours feu vert
Mes mots sont à l'envers...
Je ne traverse rien que des regards éteints
Et des désirs malsains
Et je suis clôturé dans un fil de béton
Décousu en deux mots qui cherchent le bon sens
On ne voit que mes yeux je t'aime t'aime-je
Dans mes vieux souvenirs cahotant ses murmures
J'ai installé sur mon chapeau de solitude
Mes élans décousus et mes oublis mouillés
Reste de mes mots tendres : l'escalier du rêve !
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